Noir, comme ce monde qui s'écroule,
de l'inconscience des hommes;
noirs, sont les cries de la foule,
qui dénoncent la pomme.
Noires, des pensées qui fleurissent,
jusqu'au jardin d'éden:
noirs, de ces maux d'outres tombes
bien plus lourds que l'ébène.
Noires, comme mes nuits qui finissent,
dans le sang dans le vice;
noir, est l'endroit ou je glisse,
m'enivrer au calice.
Noire, au fin fond de l'abysse,
ou les misères croupissent,
noir, d'un charnier d'immondice,
là où mon coeur s'immisce.
Noires, comme ces pétales flétris,
qui fanent mes envies;
noire, de la lie qui m'anime,
en ces vers de vermines.
Noir, de mon âme souffrante,
que chaque mot alimente;
noirs, des versets d'ironies
qu'ici bas je vomie.
Noir, absolu infini,
aux couleurs de l'ennuie;
noir, dévolu à ma vie,
qui lentement m'asphyxie.
Noir, que jamais je n'renie,
qui s'écoule en mes veines;
noir, en ma chair qui meurtrit,
accouche de ces gènes.
Noir, dans ce caveau infâme,
où je brûle dans les flammes;
noires, que l'enfer m'a promis
quand tout sera fini.
Noire, d'une question véhémente
qui nous tous nous tourmente;
noir, comme la fin d'un récit
quand s'achève la vie.